Consommation

J’ai recopié ci-après une page lue dans « Le grand départ et la vie sur l’eau » de Michka – ed. Albin Michel, livre publié en 1977 (!) ; je suis effaré de sa vision des choses « à l’époque », c’est-à-dire il y a plus de quarante ans !

 

Consommation … Les individus lui doivent leur emploi, sans lequel ils ne pourraient pas consommer. Nous sommes donc une « société de consommation » au sens le plus strict du terme : que nous cessions de consommer et, de proche en proche, tout s’écroule.

Puisqu’il nous faut consommer toujours (pour que le système continue de tourner), il nous faut vouloir ce que nous ne possédons pas encore. Autant dire qu’il est essentiel à notre société que nous ne soyons plus satisfaits aujourd’hui de ce que nous désirions si ardemment hier. Par définition, aussi élevé que soit notre niveau de vie, nous sommes donc condamnés à en tirer plus de frustrations que de satisfactions.

 

Prendre son temps

Il faut dire qu’on nous mâche le travail : on s’évertue à nous tenter sans cesse avec de nouveaux produits qui, miracle des miracles, vont nous faire gagner encore plus de temps ! Il y a bien longtemps que plus personne ne torréfie son café soi-même. Les moulins à manivelle ont été relégués pour faire place à leurs cousins électriques. Puis on a commencé à trouver du café tout moulu dans le commerce; Et maintenant, quand on vous offre un café, il s’agit une fois sur deux de la poudre instantanée qui en tient lieu. Le vrai goût du bon café disparaît des mémoires à une vitesse prodigieuse.

Il en est de même dans tous les domaines, car il est entendu une fois pour toutes que ce qui fait gagner du temps est une bonne chose. C’est là l’une des composantes du Progrès …

Et c’est aussi devenu l’un des obstacles les plus sérieux à notre bonheur, car pour goûter complètement à ce qu’on fait, il faut avant tout perdre la notion du temps qu’on met à le faire.

Oui … c’est bien lui.

Antibes (06), Port Vauban

Depuis que je me documente sur LE bateau de mes rêves (voir mon article du 22-avr-17), j’espérais bien pouvoir visiter – un jour – un Siltala Nauticat 38 ketch … histoire de vérifier si mon choix était le bon.

Preuve à l’appui … IL L’EST

Hé oui : coup de chance magistral, au port d’Antibes (pas loin de chez moi !), un Nauticat 38 attend sagement un nouveau propriétaire depuis un bon moment, un panneau de vente fixé sur sa delphinière.

Le hasard m’ayant mené sur ce ponton, j’ai obtenu un rendez-vous ce samedi matin, pour le visiter. En fait, il s’agit d’un bateau battant pavillon allemand, que son propriétaire – homme très méticuleux – entretient chaque année pendant la saison estivale.

J’ai donc pu me rendre compte « en live » de l’habitabilité et de la taille « réelle » d’un type de bateau … qui deviendra ma maison pour ma retraite. Cette embarcation a peu navigué (6.800 Miles), mais avec ses 34 ans, on voit que j’aurai à faire pas mal d’entretiens divers et variés ! Bien que ce navire soit conçu pour un équipage de 4 à 6 personnes, j’ai trouvé que les rangements étaient microscopiques ! Il va me falloir « faire du tri » dans ce que j’emmène (ne prendre que le nécessaire) … et c’est pas gagné – moi qui ai toujours tendance à tout emmener en double !

Bof … wait and see !