Est-ce un hasard ?

Début février – par une belle journée d’hiver sur la Côte d’Azur – je retrouve mon ami Christophe pour un ‘tit resto ensemble bord de plage à midi. La température est un peu basse (c’est encore l’hiver, ne l’oublions pas !) … et pourtant ce jour nous offre un magnifique ciel bleu, la mer est splendide – d’un calme olympien – et on décide de manger dehors … sur la terrasse !

Le repas terminé, je vais sur le chemin du bord de plage attendre Christophe (qui est « au p’tit coin !) ; se trouve là … un petit kiosque « Servez-vous » rempli de bouquins divers. Suivant l’adage bien connu « le hasard fait bien les choses », mon regard se pose – comme « attiré » – sur la tranche d’un livre que je prend : « Le grand départ et la vie sur l’eau » – écrit par Michka. Machinalement je le feuillette : ex-ac-te-ment l’ouvrage qu’il me fallait pour mon grand Projet !

Depuis que je l’ai récupéré, je le lis et relis, et y puise de très nombreuses informations – qui me seront utiles le moment venu. Ce livre a été publié en 1977, et – chose « amusante » – il est encore (pour sa grande part) d’actualité … surtout dans les évocations qu’avait Michka à cette époque, qui se révèlent parfaitement « visionnaires » 40 ans après ! (par exemple : sur le développement de la mal-bouffe, ou sur le thème du tourisme « invasif »).

LE bouquin

Je suis décidé plus que jamais à partir et vivre sur l’eau.

… c’était bien le hasard !

Gutenberg ; visionnaire ?

« … Notre Histoire n’est qu’une suite d’événements incroyables ; chacun de nous peut en influencer le cours.

De la naissance d’un grand empire millénaire à la fin d’une civilisation florissante, du génie créatif d’une poignée d’hommes à une révolution culturelle planétaire, des visions totalitaristes les plus sombres aux grandes guerres les plus effroyables, de la résistance héroïque d’un peuple entier à la volonté sans failles d’une minorité, la plus infime de nos décisions peut influencer l’avenir de l’humanité.

Connaître le passé c’est anticiper l’avenir.

L’invention de Gutenberg – en 1450 – a tout changé : notre rapport à la culture et au savoir, notre esprit critique, notre place dans la société ; nous sommes devenus des hommes exigeants, avides de savoir, curieux de tout.

Le XXe siècle a été à son tour marqué par d’autres révolutions : avec les progrès fulgurants de la micro-informatique, l’humanité a été catapultée dans l’ère du numérique ; Internet a tout changé. Nous vivons aujourd’hui dans un monde où l’évolution fulgurante des terminaux de communication et la prolifération des réseaux sont telles, que les échanges sont devenus instantanés. Les livres sont : dématérialisés, les bibliothèques : numérisées, le savoir : stocké en ligne, la mémoire : archivée dans des bases de données connectées.

Si nous devions numériser tout le savoir produit depuis l’aube de l’humanité jusqu’en 2003, cela représenterait 5 milliards de giga-octets de données numériques ; en 2010 cette quantité est atteinte en seulement deux jours ! Chaque utilisateur est devenu auteur, compositeur, réalisateur ; chaque minute nous produisons 350.000 tweets, 15 millions de SMS et 200 millions de mails.

Nous venons d’arriver à un point de divergence.

Un point de divergence est un évènement clé ; un carrefour dans notre Histoire où notre monde peut basculer d’un côté … ou de l’autre !

Notre société croule sous une avalanche de données. Ce tsunami impose une organisation, une gestion du Net ; à l’image du Codex médiéval – avec ses numéros de pages – les moteurs de recherche nous aident à trouver ce que l’on cherche au milieu de cet océan digital : pour une question donnée, un algorithme nous propose une sélection de réponses dans un ordre préférentiel. Mais jusqu’à quel point ces moteurs sont-ils influencés par des paramètres économiques ou politiques ? A l’heure du fake-news c’est aujourd’hui à l’utilisateur de faire la part du vrai et du faux ; notre cerveau n’a plus l’obligation de se souvenir de tout … mais il doit maintenant se méfier de tout !

La durée de vie moyenne d’une inscription sur la pierre est de l’ordre d’une dizaine de milliers d’années ; sur un parchemin environ mille ans ; sur la pellicule cent, le vinyle cinquante. Aujourd’hui nous stockons des quantités exponentielles d’informations sur des supports qui ne survivront certainement pas plus de vingt ans.

Jamais dans l’histoire de l’humanité nous n’avions stocké autant de Savoir sur des supports aussi fragiles : les matériels tombent en panne très vite ou sont dépassés technologiquement ; les ports USB, existeront t’ils encore dans cent ans ? Le codec de compression jpeg sera-t-il encore utilisé pour que nos petits-enfants puissent voir toutes les photos que nous prenons avec nos portables ?

La réalité est là : nous n’avons actuellement aucune solution technique pour garantir la conservation de notre Savoir au-delà de quelques années ! On envisage de créer des Musées informatiques : des Arches de Noé contenant un exemplaire de chacun des ordinateurs qui resterait « en l’état » sans aucunes mises à jour ; à des coûts exorbitants, on parvient à coder des brins d’ADN qui pourraient alors stocker d’énormes quantités de données. Mais la seule solution viable est de recopier régulièrement l’ensemble de notre Savoir sur de nouveaux supports … un peu à la façon des moines copistes du Moyen Age !

… il semblerait bien que nous ayons besoin – encore une fois – d’un nouveau visionnaire … »

 

Extraits de l’émission « Points de repères – Gutenberg, l’inventeur visionnaire » – Arte, fev-17

Essais en mer

« Rendez-vous à 09 heures sur le quai, d’accord ? » Avec cette phrase, Jonathan ne pouvait pas me faire plus plaisir : j’étais en congés pour une semaine, et cette sortie avec lui tombait à point nommé.

Jo est Capitaine de navire depuis bien longtemps et plus particulièrement capitaine depuis une quinzaine d’années du SOAN (lien – cliquez ici) – « petit » yacht de 38 mètres, battant pavillon Maltais – ancré dans le port de Cannes. Comme chaque année, après l’hiver (et avant que le yacht ne reparte pendant l’été pour des destinations ensoleillées !) il faut effectuer des essais en mer pour vérifier l’ensemble du bateau mais surtout les deux moteurs de 2.000 chevaux : fuites éventuelles, bruits suspects, etc …

Nous voilà donc tous sur le pont : Jo avec son équipage ainsi que deux mécaniciens diésélistes. Petite puis grande vitesse, vérifications de tous les paramètres par les mécanos, diverses « réparations » de micro-fuites, etc …

En fin de matinée nous sommes rentrés au port puis – après avoir bien amarré ce superbe navire, nous sommes allés déjeuner ensemble, pour nous raconter … des histoires de marins.

Ay ay Señor Météo

Ay ay Señor Météo
Ah gla gla què frigo ..

… pour ceux qui s’en rappellent !

Pour « être prêt » au départ, je me devais d’acquérir de nombreuses connaissances un peu « pointues » – peu utiles au terrien (dont je suis encore !!!) – mais importantes pour le marin : Mécanique des Diesels marins, Apprentissage des Technique Médicales en Situation d’Isolement, etc … je me suis donc inscrit à un stage de Météo Marine Hauturière.

« La météorologie est une science qui a pour objet l’étude des phénomènes atmosphériques tels que les nuages, les précipitations ou le vent dans le but de comprendre comment ils se forment et évoluent en fonction des paramètres mesurés tels que la pression, la température et l’humidité. » (source : Wikipédia)

Pour l’individu moyen, la météo se résume à deux choses : on regarde la télé le soir au journal de 20 heures, puis le lendemain on observe le ciel par la fenêtre pour savoir comment s’habiller !

Mais ces différents éléments naturels (pression, vent, température, vagues, courants, houle, etc …) sont « le moteur » du plaisancier qui part sur les mers du globe : mais ils peuvent aussi représenter une menace si le capitaine n’a pas su anticiper l’évolution de ces phénomènes – pour choisir la meilleure route – et donc naviguer en toute sécurité.

Carte météo (j’ai mis la France en mauve)

Pendant les deux jours de cette formation, j’ai donc acquis le « savoir » nécessaire pour comprendre, et pouvoir prendre alors les décisions les mieux adaptées aux conditions de voyage.

Consommation

J’ai recopié ci-après une page lue dans « Le grand départ et la vie sur l’eau » de Michka – ed. Albin Michel, livre publié en 1977 (!) ; je suis effaré de sa vision des choses « à l’époque », c’est-à-dire il y a plus de quarante ans !

 

Consommation … Les individus lui doivent leur emploi, sans lequel ils ne pourraient pas consommer. Nous sommes donc une « société de consommation » au sens le plus strict du terme : que nous cessions de consommer et, de proche en proche, tout s’écroule.

Puisqu’il nous faut consommer toujours (pour que le système continue de tourner), il nous faut vouloir ce que nous ne possédons pas encore. Autant dire qu’il est essentiel à notre société que nous ne soyons plus satisfaits aujourd’hui de ce que nous désirions si ardemment hier. Par définition, aussi élevé que soit notre niveau de vie, nous sommes donc condamnés à en tirer plus de frustrations que de satisfactions.

 

Prendre son temps

Il faut dire qu’on nous mâche le travail : on s’évertue à nous tenter sans cesse avec de nouveaux produits qui, miracle des miracles, vont nous faire gagner encore plus de temps ! Il y a bien longtemps que plus personne ne torréfie son café soi-même. Les moulins à manivelle ont été relégués pour faire place à leurs cousins électriques. Puis on a commencé à trouver du café tout moulu dans le commerce; Et maintenant, quand on vous offre un café, il s’agit une fois sur deux de la poudre instantanée qui en tient lieu. Le vrai goût du bon café disparaît des mémoires à une vitesse prodigieuse.

Il en est de même dans tous les domaines, car il est entendu une fois pour toutes que ce qui fait gagner du temps est une bonne chose. C’est là l’une des composantes du Progrès …

Et c’est aussi devenu l’un des obstacles les plus sérieux à notre bonheur, car pour goûter complètement à ce qu’on fait, il faut avant tout perdre la notion du temps qu’on met à le faire.

Oui … c’est bien lui.

Antibes (06), Port Vauban

Depuis que je me documente sur LE bateau de mes rêves (voir mon article du 22-avr-17), j’espérais bien pouvoir visiter – un jour – un Siltala Nauticat 38 ketch … histoire de vérifier si mon choix était le bon.

Preuve à l’appui … IL L’EST

Hé oui : coup de chance magistral, au port d’Antibes (pas loin de chez moi !), un Nauticat 38 attend sagement un nouveau propriétaire depuis un bon moment, un panneau de vente fixé sur sa delphinière.

Le hasard m’ayant mené sur ce ponton, j’ai obtenu un rendez-vous ce samedi matin, pour le visiter. En fait, il s’agit d’un bateau battant pavillon allemand, que son propriétaire – homme très méticuleux – entretient chaque année pendant la saison estivale.

J’ai donc pu me rendre compte « en live » de l’habitabilité et de la taille « réelle » d’un type de bateau … qui deviendra ma maison pour ma retraite. Cette embarcation a peu navigué (6.800 Miles), mais avec ses 34 ans, on voit que j’aurai à faire pas mal d’entretiens divers et variés ! Bien que ce navire soit conçu pour un équipage de 4 à 6 personnes, j’ai trouvé que les rangements étaient microscopiques ! Il va me falloir « faire du tri » dans ce que j’emmène (ne prendre que le nécessaire) … et c’est pas gagné – moi qui ai toujours tendance à tout emmener en double !

Bof … wait and see !